La garonne et ses affluents

Le bassin de la Garonne a la particularité d’être un bassin en corolle à forte pente. Il favorise la concentration d’écoulements conséquents provenant des affluents directs ou indirects de la Garonne (les Nestes, la Pique, le Salat, le Ger, l'Arize, l'Ariège, le grand Hers, la Lèze, l'Hers Mort), laquelle prend sa source dans les Pyrénées.
Leur convergence et la dynamique des crues qu'ils génèrent confèrent à Toulouse une forte exposition à des crues violentes et rapides dont celle de juin 1875 fut la plus dévastatrice et la plus meurtrière de mémoire toulousaine.
Le bassin hydrographique drainé par la Garonne représente, en amont de Toulouse, une superficie de 10 000 km², soit quatre fois moins que le bassin versant de la Seine à Paris (44 000 km²). Et pourtant, lors des crues les plus importantes, le débit est trois fois supérieur à Toulouse (7 500 m3/s en 1875) qu’à Paris (2 400 m3/s en 1910).
La vitesse de montée des eaux est aussi beaucoup plus rapide : pour atteindre une hauteur comparable, il ne faut qu’une heure à la Garonne à Toulouse alors qu'il faudra une journée à la Seine à Paris.
Le délai de prévision est donc beaucoup plus court à Toulouse (quelques heures) alors qu'il est de plusieurs jours à Paris, ce qui rend encore plus difficile la mise en sécurité des personnes et des biens menacés.

Carte du bassin

Toulouse traversée par plusieurs cours d'eau

La ville de Toulouse est traversée ou longée par plusieurs cours d'eau aux caractéristiques très différentes :


La Garonne

A la hauteur de Toulouse, la Garonne s'oriente vers le Nord-Ouest et, à la hauteur d’Empalot, se divise en deux bras qui enserrent plusieurs îles dont l'île du Ramier.
Le débit moyen est estimé à 190 m3 par seconde, mais il peut être beaucoup plus élevé à certaines périodes de l’année :
fonte des neiges sur le massif pyrénéen, pluies abondantes sur l’ensemble du bassin versant,... A l’inverse, à l’étiage, en fin d’été, il peut descendre en dessous de 40 m3 par seconde.
Dans la traversée de la ville, des quais et des digues ont été aménagés au fil du temps. De même, de nombreux ponts ont été édifiés pour compléter la chaussée - ou plutôt le passage à gué - du Bazacle, seul franchissement historique du fleuve (le mot Bazacle signifie seuil sur le plan étymologique).
Aujourd'hui, huit ponts routiers et une voie ferrée enjambent la Garonne à Toulouse.


L'Hers-Mort

L'Hers-Mort est une rivière qui draine un bassin versant de 768 km². Un chenal y fut creusé au début du XVIIIe siècle ; d’importants travaux d’aménagement ont été réalisés entre 1975 et 2000 suite à la crue de 1970. Son débit moyen est seulement de 4 m3 par seconde. Il est encore plus faible l’été, mais on a pu mesurer un débit de 163 m3 par seconde le 11 juin 2000.

L'Hers-Mort

Le Touch

Le Touch draine un bassin versant de 515 km². Il se jette dans la Garonne au nord-ouest de Toulouse en limite de commune avec Blagnac. Comme l'Hers-Mort, son débit moyen est de l'ordre 4 m3 par seconde ; le plus fort débit observé à Toulouse fut de 112 m3 par seconde  en avril 1974.

carte hydrologique
photo de la Garonne

La Marcaissone

La Marcaissonne draine un bassin versant d'environ 50 km² et se jette dans l’Hers-Mort au sud-est de la ville. Il s'agit d'un ruisseau au débit très faible, que l'on peut estimer à une trentaine de m3 par seconde lors d'une crue.


La Saune

La Saune est également un affluent de l'Hers-Mort, qu'elle rejoint au sud-est de Toulouse. Elle draine un bassin versant de 110 km² ; son débit moyen est inférieur à 1 m3 par seconde ; le plus fort débit observé en mai 1978 a atteint 36 m3 par seconde.


La Sausse

La Sausse draine un bassin versant d'environ 107 km². Elle marque la limite communale entre Toulouse et l'Union et se jette dans l'Hers-Mort sur le quartier de Gabardie. Son débit est modeste, néanmoins lors d'une crue de type « centennale »1 chance sur 100 par an de connaître une crue équivalente ou supérieure il pourrait atteindre 80 m3 par seconde.

La ville s'est progressivement construite autour du fleuve

Le développement de la ville de Toulouse s'est opéré autour de la Garonne qui servait à de nombreux usages : eau potable, assainissement, commerce, énergie électrique, déplacements …

Au XIXe siècle, quelques quartiers commencèrent à se développer hors des remparts historiques de la ville, notamment le faubourg Saint-Michel et celui de Saint-Cyprien, sur la rive gauche. Ils accueillaient une population pauvre, vivant des métiers de l'eau, qui fut l'une des principales victimes de la grande inondation de 1875.

Autres symboles de cette dépendance de la ville au fleuve :
le Château d'eau
dont l'eau épurée à travers la Prairie des Filtres alimentait les fontaines publiques toulousaines. L'Hôtel Dieu, le plus ancien hôpital de Toulouse, puisait dans la Garonne l'eau nécessaire aux soins des malades.

La rive droite, à hauteur du faubourg Saint-Michel et du port Garaud, accueillait également les toulousains faisant commerce des matériaux extraits du lit de la Garonne.

Restée longtemps sauvage, l'île du Grand Ramier vit s’installer la Poudrerie Nationale qui connut un important développement pendant les deux guerres mondiales. A l’après guerre, la ville de Toulouse a pris son essor et les quartiers limitrophes ont été rattrapés par l’urbanisation, comme par exemple les Sept-Deniers. La construction à partir des années 50 des digues de protection a favorisé cette expansion.

Aujourd'hui, la quatrième ville de France connaît un rythme important de croissance démographique et son territoire est fortement urbanisé. L’île du Ramier accueille aujourd’hui des grands équipements urbains tels que le stadium ou le parc des expositions. Cette croissance démographique se double d'un dynamisme économique du en grande partie au développement des secteurs scientifiques et techniques de pointe. De nombreux projets de dimension européenne nécessitent des réserves foncières à des fins stratégiques. Sur le territoire de la commune de Toulouse, les principales zones naturelles ou agricoles préservées sont situées le long des cours d'eau : le long de la Garonne (notamment à Ginestous), aux abords du Touch, de la Sausse, de la Saune et de la Marcaissonne, à proximité de l'Hers-Mort.

Quand on buvait l'eau de la Garonne …

« Je lègue à la ville de Toulouse une somme de 50 000 livres pour y introduire les eaux de la Garonne, pures, claires et agréables à boire, en un mot, dégagées de toutes saletés afin que les habitants puissent en boire toute l'année » … Ainsi s'exprimait Charles Laganne, ancien Capitoul, dont le legs finança en partie la construction du château d'eau.
Ce système de distribution assurera pendant 35 ans l'alimentation en eau des habitants de la ville de Toulouse. (selon C.GUIZARD, « De la Garonne au robinet : l'eau potable à Toulouse au XXe siècle »).


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